Née en 1975 d’une mère anversoise et d’un père bâlois, j’ai d’abord étudié les langues modernes en vue de devenir traductrice, puis, mue par l’urgence de me sentir utile, je suis partie travailler pour des ONG en Amérique centrale et du sud. J’ai voyagé dans différentes régions de la planète, curieuse de découvrir d’autres regards sur le monde, d’autres langages, d’autres manières de faire société.
Je me suis ensuite formée à l’éducation spécialisée d’orientation anthroposophique, car cette approche holistique me semblait la plus proche de mes valeurs : l’accompagnement et le soin donnent une place importante au lien avec la nature et avec la créativité, et offrent un rythme ritualisé aux journées et aux saisons. J’ai travaillé pendant une quinzaine d’années dans la relation d’aide, en accompagnant des enfants, des adolescents et des adultes en situation de souffrance psychique, de handicap intellectuel, physique ou sensoriel – des publics qui m’ont énormément appris et enrichie.
À trente ans, assoiffée de connaissances, j’ai repris des études d’histoire de l’art et d’histoire des religions tout en continuant à travailler à temps partiel dans le domaine social. Ces études m’ont menée d’abord du côté de la recherche universitaire, puis je me suis tournée vers le domaine muséal et archivistique, avec un goût particulier pour les documents humbles – photographies de famille, objets du quotidien, documents et correspondances ordinaires.
Devenue historienne indépendante, j’ai poursuivi la fréquentation intime des archives au travers de mandats de recherche et d’inventaire dans des collections publiques et privées. Avec deux collègues historiennes/archivistes, nous avons créé le Collectif Filature (www.collectif-filature.ch), à la fois service professionnel de gestion d’archives et collections, et lieu de réflexion et de recherche.